Association Ila Souria
Syrie : reconstructions, immatérielles et matérielles ?
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Est-ce le moment de parler de reconstruction ?

Comment peut-on parler de reconstruction alors que la guerre fait rage en Syrie ? Est-il opportun alors que se poursuivent les bombardements, les destructions, les tueries, de faire de la prospective ? Ne vaudrait-il pas mieux consacrer chaque effort et chaque centime à l’aide humanitaire ? Pourquoi est-il si important de penser dès maintenant à la reconstruction ?

I. Notre projet n’enlève rien à l’aide humanitaire

Des sommes considérables sont consacrées à l’aide humanitaire aux Syriens. Nous savons tous qu’elles sont insuffisantes, n’atteignent pas tous ceux qui en ont grand besoin et ne sont qu’un palliatif. Cela veut-il dire que, pour ne pas distraire la moindre somme de l’aide humanitaire, il faut s’abstenir de réfléchir à l’avenir de la Syrie, c’est-à-dire à la manière de remettre au plus vite le pays en état de marche, lorsque le conflit qui le ravage aura pris fin (logements, écoles, services publics). Nous ne le pensons pas. En effet, la façon dont la Syrie sera reconstruite – dans l’urgence extrême – dépend le bien-être d’une population aujourd’hui abandonnée à son sort.

Soucieux de ne pas pour autant dépenser des fonds si indispensables au peuple syrien, nous avons pu réunir la somme minimum pour organiser de la manière la moins coûteuse possible le premier colloque ilasouria.01 (et pour assurer la publication des actes (en français et en arabe) et la réalisation des vidéos des conférences qui seront doublées en arabe.

Les comptes seront publiés dès que nous aurons clos ce premier exercice. La transparence est pour nous une obligation à chaque échelon de ce projet de construction intellectuelle. Nous pensons que “les moyens conditionnent la fin“ et non que “la fin justifie les moyens“, postulat qui, dans l’histoire, a produit tant de catastrophes.

II. C’est à présent qu’il faut réfléchir à la Syrie de demain

Pour préparer l’avenir et les décisions politiques qui devront être prises dans l’urgence, il nous paraît essentiel que ce temps insupportable pour la population ne soit pas un temps d’inaction de notre part, mais un temps de réflexion et de débat.

Le moment venu, l’urgence imposera d’agir au plus vite. D’autres pays qui ont connu ce moment, savent que des erreurs ont été commises sous la pression de l’urgence. C’est pourquoi, quelque dérisoire que cela puisse paraître aujourd’hui, la réflexion prospective, la fédération des compétences, la connaissance et la critique des expériences réalisées dans le monde sont indispensables. Leur absence compromettrait l’avenir.

Parmi toutes les initiatives qui voient le jour, nous nous inscrivons dans un cadre universitaire et scientifique, donc en amont de toute reconstruction « réelle » de la société syrienne, tant matérielle qu’immatérielle. Nous voulons modestement amorcer la réflexion sur des questions essentielles, dans différents domaines, allant de l’archéologie au droit en passant par l’architecture et l’information. Nous souhaitons offrir un cadre intellectuel où sera exposée et discutée la question de la reconstruction, compte tenu des problèmes qui se posent et vont se poser, cela sans a priori idéologique, communautaire et économique, mais dans une posture théorique et scientifique.

Dans le premier colloque, ilasouria.01, qui aura lieu à l’Institut du monde en arabe à Paris les 8, 9 et 10 octobre prochain, chaque conférencier dressera un état des lieux dans sa spécialité, selon une thématique bien précise. En revanche, dès la deuxième édition, qui aura lieu à Montréal début avril 2014, nous donnerons la parole à des intervenants qui présenteront des expériences passées de reconstruction dans des villes après des conflits, telles Beyrouth, Sarajevo, Bagdad, et après des catastrophes naturelles comme Port-au-Prince.

Nous sommes déjà en retard…


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